13 4 / 2014

Cette semaine commence par la procession festive avec les rameaux d’olivier : tout le peuple accueille Jésus. Les enfants, les jeunes gens chantent, louent Jésus. Mais cette semaine avance dans le mystère de la mort de Jésus et de sa résurrection.

Nous avons écouté la Passion du Seigneur. Il sera bon de nous poser seulement une question : qui suis-je ? Qui suis-je, devant mon Seigneur ? Qui suis-je, devant Jésus qui entre en fête à Jérusalem ? Suis-je capable d’exprimer ma joie, de le louer ? Ou est-ce que je prends de la distance ? Qui suis-je, devant Jésus qui souffre ?

Nous avons entendu beaucoup de noms, beaucoup de noms. Le groupe des dirigeants, quelques prêtres, quelques pharisiens, quelques maîtres de la loi, qui avaient décidé de le tuer. Ils attendaient l’opportunité de le prendre. Suis-je comme l’un d’eux ?

Nous avons entendu aussi un autre nom : Judas. Trente pièces de monnaie. Suis-je comme Judas ? Nous avons entendu d’autres noms : les disciples qui ne comprenaient rien, qui s’endormaient alors que le Seigneur souffrait. Ma vie est-elle endormie ? Ou suis-je comme les disciples, qui ne comprenaient pas ce qu’était trahir Jésus ? Comme cet autre disciple qui voulait tout résoudre par l’épée : suis-je comme eux ? Suis-je comme Judas, qui fait semblant d’aimer et embrasse le Maître pour le livrer, pour le trahir. Suis-je un traître ? Suis-je comme ces dirigeants qui en hâte font un tribunal et cherchent de faux témoins : suis-je comme eux ? Et quand je fais ces choses, si je les fais, est-ce que je crois que par là je sauve le peuple ?

Suis-je comme Pilate ? Est-ce que quand je vois que la situation est difficile, je me lave les mains et je ne sais pas assumer ma responsabilité et je laisse condamner – ou je condamne – les personnes ?

Suis-je comme cette foule qui ne savait pas bien si elle était dans une réunion religieuse, dans un jugement ou dans un cirque, et choisit Barrabas ? Pour eux c’est la même chose : c’était plus divertissant, pour humilier Jésus.

Suis-je comme les soldats qui frappent le Seigneur, lui enlèvent ses vêtements, l’insultent, se divertissent par l’humiliation du Seigneur ?

Suis-je comme le Cyrénéen qui revenait du travail, fatigué, mais qui a eu la bonne volonté d’aider le Seigneur à porter la croix ?

Suis-je comme ceux qui passaient devant la croix et se moquaient de Jésus : « Il était si courageux ! Qu’il descende de la croix et nous croirons en lui ! » Se moquer de Jésus…

Suis-je comme ces femmes courageuses, et comme la Maman de Jésus, qui étaient là et souffraient en silence ?

Suis-je comme Joseph, le disciple caché, qui porte le corps de Jésus avec amour, pour lui donner une sépulture ?

Suis-je comme les deux Marie qui demeurent devant le sépulcre pleurant, priant ?

Suis-je comme ces chefs qui le lendemain sont allés chez Pilate pour dire : « Regarde ce que celui-ci disait, qu’il ressusciterait. Qu’il n’y ait pas une autre tromperie ! », et ils bloquent la vie, ils bloquent le sépulcre pour défendre la doctrine, pour que la vie ne sorte pas ?

Où est mon cœur ? A laquelle de ces personnes je ressemble ? Que cette question nous accompagne durant toute la semaine.

08 4 / 2014

… ni un programme de vie pour être polis ou pour faire la paix.

et la Croix n’est pas un ornement pour nos églises !

En se référant au passage du Livre des Nombres (21, 4-9), le Saint-Père a souligné que « le Seigneur dans le désert commande à Moïse de faire un serpent et de le mettre sur un bâton puis “quiconque sera mordu le regardera, et il restera en vie”».

Mais qu’est-ce que le serpent ? « Le serpent est le signe du péché. Pensons au livre de la Genèse : c’est le serpent qui a séduit Eve, qui lui a proposé le péché ». Et Dieu commande de brandir le serpent, c’est-à-dire le péché, comme un étendard de victoire. C’est quelque chose, a admis le Saint-Père, qui « ne se comprend pas bien si l’on ne perçoit pas ce que Jésus nous dit dans l’Evangile. Jésus dit aux juifs: “Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que Je Suis et que je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que le Père m’a enseigné,”». Et donc le fait d’avoir élevé le symbole de leur péché et l’avoir ensuite transformé en instrument de salut représente précisément la rédemption qui vient du Christ élevé sur la croix.

«Le christianisme n’est pas une doctrine philosophique, ce n’est pas un programme de vie pour être polis, pour faire la paix. Cela en sont les conséquences. Le christianisme est une personne, une personne élevée sur une croix ».

Comme l’a fait saint Paul, nous aussi nous pouvons parler de ce dont nous nous glorifions. Mais, a spécifié le Pape François, nous ne pouvons nous glorifier « pour notre part que de nos péchés. Nous n’avons rien d’autre dont nous glorifier : cela est notre misère ». Pourtant, « grâce à la miséricorde de Dieu, nous nous glorifions en Christ crucifié. Et c’est pourquoi il n’existe pas de christianisme sans croix, et il n’existe pas de croix sans Jésus Christ ».

« Où est ton péché ? » a demandé à ce moment-là le Saint-Père. « Ton péché – a-t-il répondu – est là, dans la croix. Va le chercher là dans les plaies du Seigneur, et ton péché sera guéri, tes plaies seront guéries, ton péché sera pardonné. Le pardon que nous donne Dieu n’est pas d’effacer un compte que nous avons avec lui. Le pardon que nous donne Dieu ce sont les plaies de son fils, élevé sur la croix ». Et son souhait final a été que le Seigneur « nous attire vers lui et que nous nous laissions guérir ».

01 4 / 2014

« Dans la liturgie d’aujourd’hui — a expliqué le Pape en commentant les lectures — l’eau est le symbole : cette eau qui guérit, cette eau qui apporte la santé. »

La « maladie » est celle qui afflige l’homme paralytique et qui désormais « était comme résigné » et se disait peut-être « à lui-même “la vie est injuste, les autres ont plus de chance que moi !” ». Dans sa manière de parler « il y a un adagio lamentoso: il est résigné mais aussi amer». Une attitude, a remarqué le Pape, qui fait également penser aux «nombreux catholiques sans enthousiasme et amers » qui se répètent «à eux-mêmes “je vais à la Messe tous les dimanches, mais il ne vaut mieux pas s’en mêler ! J’ai la foi pour mon salut, mais je ne sens pas le besoin de la donner à un autre : chacun chez soi, tranquillement” », aussi parce que si « tu fais quelque chose dans la vie, ensuite on te le reproche: il vaut mieux ne pas prendre de risque ! ».

C’est précisément « la maladie de la paresse des chrétiens », une « attitude qui est paralysante pour le zèle apostolique » et « qui fait des chrétiens des personnes immobiles, tranquilles, mais pas dans le bon sens du terme : des personnes qui ne se soucient pas de sortir pour apporter l’annonce de l’Evangile. Des personnes anesthésiées ». C’est le profil de « chrétiens qui sont au fond tristes », qui aiment savourer la tristesse au point de devenir « des personnes non lumineuses et négatives ». Et cela, le Pape a-t-il mis en garde, « est une maladie pour nous chrétiens ». Les chrétiens « sans zèle apostolique ne servent pas et ne font pas de bien à l’Eglise ». Malheureusement, a dit le Pape, aujourd’hui il y a tant de « chrétiens égoïstes » qui commettent « le péché de la paresse contre le zèle apostolique, contre l’envie d’apporter la nouveauté de Jésus aux autres; cette nouveauté qui m’a été donnée gratuitement ». 

L’autre péché indiqué aujourd’hui par le Pape est «le formalisme» des juifs. Ils étaient « intéressés uniquement par les formalités: c’était samedi et on ne peut pas faire de miracles le samedi! La grâce de Dieu ne peut pas travailler le samedi ! ». C’est la même attitude que celle des « chrétiens hypocrites qui ne laissent pas place à la grâce de Dieu ». Si bien que pour « ces personnes la vie chrétienne signifie avoir tous les documents en règle, tous les certificats ! ». Mais en faisant ainsi « ils ferment la porte à la grâce de Dieu ». Et, il a ajouté, « ils sont si nombreux dans l’Eglise ! ».

Voilà donc les deux péchés.

« Ce sont des tentations que nous éprouvons nous aussi et que nous devons connaître pour nous défendre ». Et « devant ces deux tentations » dans cet « hôpital de campagne, symbole de l’Eglise d’aujourd’hui, avec tant de personnes blessées », Jésus ne cède assurément pas à la paresse ni au formalisme. Mais « il s’approche de cet homme et lui dit: “tu veux guérir ?” ». A l’homme qui répond seulement oui, « il donne la grâce et s’en va ». Ensuite, raconte l’Evangile, lorsque peu après il rencontre à nouveau cet homme dans le temple, il lui adresse encore la parole pour lui dire « “voilà, tu es guéri, ne pèche plus !” ». Ce sont, a affirmé le Pape, « les deux paroles chrétiennes : “tu veux guérir ?” — “Ne pèche plus !” ».

31 3 / 2014

Le Pape a parlé de la valeur qu’a, dans la vie d’un chrétien, la confiance en Jésus « qui ne déçoit jamais ». 

Pour aider à mieux comprendre la valeur de la confiance dans les promesses du Père, le Pape a fait référence à l’épisode raconté par l’Evangile de Jean (4,43-54) dans lequel on parle de ce fonctionnaire du roi qui, apprenant l’arrivée de Jésus à Cana, va à sa rencontre pour lui demander de sauver son fils malade et en fin de vie à Capharnaüm. Il a été suffisant, a rappelé le Pape, que Jésus dise : « Va, ton fils est vivant » pour que cet homme croie à sa parole et se mette en chemin : « C’est cela notre vie : croire et se mettre en chemin ». La vie chrétienne est cela : « marcher vers les promesses ». C’est pourquoi « la vie chrétienne est espérance ».

Toutefois, on peut aussi ne pas marcher dans la vie. « Et de fait – a noté l’Evêque de Rome – beaucoup, même des chrétiens et des catholiques de communautés, ne marchent pas. Il y a la tentation de s’arrêter. Nous en avons beaucoup de chrétiens immobiles. Ils ont une espérance faible. Oui, ils croient que le ciel existe, mais ils ne le cherchent pas. Ils suivent les commandements, ils accomplissent les préceptes, tout, tout ; mais ils sont immobiles. Et le Seigneur ne peut pas tirer de levain d’eux pour faire croître son peuple. Et c’est cela le problème : ceux qui sont immobiles».

« Puis – a-t-il ajouté – il y en a d’autres, ceux qui se trompent de route. Nous tous parfois nous nous sommes trompés de route ». Mais le problème, a-t-il précisé, « n’est pas de se tromper de route. Le problème c’est de ne pas revenir en arrière lorsqu’on s’aperçoit que l’on s’est trompé. Et notre condition de pécheurs qui nous fait nous tromper de route. On peut revenir en arrière : le Seigneur nous donne cette grâce, de pouvoir revenir ».

Et puis « il y a un autre groupe qui est plus dangereux – a-t-il dit – parce qu’il s’induit lui-même en erreur ». Ce sont « ceux qui marchent mais n’avancent pas sur la route. Ce sont les chrétiens errants : ils tournent, ils tournent comme si la vie était un tourisme existentiel, sans but, sans prendre les promesses au sérieux. Ceux qui tournent et s’induisent en erreur parce qu’ils disent : “ Moi je marche…”. Non ; tu ne marches pas, tu tournes ! »

« Le Seigneur nous demande de ne pas nous arrêter, de ne pas nous tromper de route, et de ne pas tourner dans la vie. Il nous demande de regarder vers les promesses, d’aller de l’avant avec les promesses », comme l’homme de l’Evangile de Jean, qui « crut aux promesses de Jésus et se mit en chemin ». Et la foi se met en chemin.

Le Carême, a-t-il dit en conclusion, est un temps propice pour nous demander si nous sommes en chemin ou si nous sommes « trop immobiles » et alors nous devons nous convertir ; ou bien « si nous nous sommes trompés de route » et alors nous devons aller nous confesser « pour reprendre la route » ; ou enfin si nous sommes des « touristes théologaux », comme ceux qui tournent dans la vie « mais qui ne font jamais un pas en avant ».

18 3 / 2014

Et ils ne sont pas meilleurs que les autres (ou en tout cas, il ne faut pas qu’ils pensent l’être) !

« Le temps de carême – a-t-il dit pour introduire l’homélie – est un temps pour s’approcher davantage du Seigneur ». Le carême « nous invite à ajuster, à rectifier notre vie » a précisé le Pape. Et c’est précisément cela qui nous permet de nous rapprocher du Seigneur. Et il est prêt à pardonner.

A cet égard, le Pape a cité encore les paroles de la première lecture «Quand vos péchés seraient comme l’écarlate, comme neige ils blanchiront ». Et il a poursuivi : « “Je te change l’âme”: c’est cela que nous dit Jésus. Et que nous demande-t-il ? De nous approcher. De nous approcher de lui. Il est le Père ; il nous attend pour nous pardonner. Et il nous donne un conseil: “Ne soyez pas comme les hypocrites”». Le Pape a mis en garde contre le fait de se sentir « meilleur que les autres ». Les hypocrites, a-t-il averti, « se déguisent en bonnes personnes » et ils ne comprennent pas que « personne n’est juste de par soi-même », tout le monde a besoin d’être justifié.

Personne ne doit se sentir juste selon son jugement personnel. « Nous avons tous besoin d’être justifiés – a répété l’Evêque de Rome – et l’unique qui nous justifie est Jésus Christ. C’est pourquoi nous devons nous approcher : pour ne pas être des chrétiens maquillés ». Quand l’apparence s’évanouit « on voit la réalité et ceux-ci ne sont pas chrétiens. Quelle est la pierre de touche ? Le Seigneur le dit lui-même dans la première lecture : “Lavez-vous, purifiez-vous! Otez de ma vue vos actions perverses! Cessez de faire le mal, apprenez à faire le bien”». Telle est, a-t-il répété, l’invitation qui nous est faite. Mais « quel est le signe que nous sommes sur la bonne route ? C’est encore l’Ecriture qui nous le dit : défendre l’opprimé, avoir soin de son prochain, du malade, du pauvre, de qui a besoin, de l’ignorant. Telle est la pierre de touche ». Et encore : « Les hypocrites ne peuvent pas faire cela, parce qu’ils sont si pleins d’eux-mêmes qu’ils sont aveugles pour regarder les autres ». 

Donc le carême sert à « changer notre vie, pour ajuster la vie, pour s’approcher du Seigneur ». D’où la conclusion : «Puisse le Seigneur nous donner à tous lumière et courage : lumière pour connaître ce qui se passe à l’intérieur de nous et courage pour nous convertir, pour nous approcher du Seigneur. Il est beau d’être proches du Seigneur ».

06 3 / 2014

… “Christian Style”, le nouveau tube du Pape François !

La redécouverte de la fécondité d’une vie selon le style chrétien est la proposition du Pape François pour le Carême. Il en a parlé ce matin, jeudi 6 mars, au cours de la célébration de la Messe à Sainte-Marthe, en commentant le passage de l’Evangile de Luc (9, 22-25)

Assumer un style de vie chrétien signifie donc «prendre la croix de Jésus et aller de l’avant». Le Christ lui-même nous a montré ce style en s’anéantissant lui-même. Lui, bien qu’étant égal à Dieu — a remarqué le Pape — ne s’en vanta pas, ne se considéra pas «un bien indispensable, mais s’anéantit lui-même» et se fit «serviteur pour nous tous».

Tel est le style de vie qui «nous sauvera, nous donnera la joie et nous rendra féconds. Car ce chemin qui conduit à se renier soi-même, est fait pour donner la vie; c’est le contraire du chemin de l’égoïsme», c’est-à-dire «celui qui conduit à être attaché à tous les biens seulement pour soi». Celui-ci est en revanche un chemin «ouvert aux autres, car c’est le même que celui suivi par Jésus». C’est donc un chemin «d’anéantissement pour donner vie. Le style chrétien est précisément dans ce style d’humilité, de douceur, de mansuétude. Celui qui veut sauver sa propre vie la perdra. Dans l’Evangile, Jésus répète cette idée. Rappelez-vous quand il parle du grain de blé: si cette semence ne meurt pas, elle ne peut pas donner du fruit». (cf. Jean 12, 24).

Il s’agit d’un chemin à accomplir «avec joie, car – a expliqué le Pape – c’est lui-même qui nous donne la joie. Suivre Jésus est joie». Mais, a-t-il répété, il faut le suivre avec son style «et non avec le style du monde», en faisant ce que chacun peut: l’important est de le faire «pour donner vie aux autres et non pour donner vie à soi-même. C’est l’esprit de générosité».

Voilà alors la route à suivre: « humilité, service, pas d’égoïsme, ne pas se sentir importants ou se présenter aux autres comme un personne importante: je suis chrétien…!». A cet égard, le Pape François a cité l’Imitation du Christ, qui — a-t-il souligné — «nous donne un très beau conseil: ama, nesciri et pro nihilo reputari, “aimer, ne pas être connu et être jugé comme rien”. C’est l’humilité chrétienne. C’est ce qu’a fait Jésus auparavant ».

27 2 / 2014

L’Eglise a besoin de pasteurs authentiques qui prennent soin de leur troupeau, tous les jours, avec assiduité. C’est un long discours enflammé que le Pape François a adressé jeudi matin à la Congrégation pour les Evêques. Quand je signe une nomination d’évêque, a-t-il dit aux membres de la Congrégation, je voudrais pouvoir toucher du doigt l’autorité de votre discernement. Pour bien souligner l’importance du travail de ce dicastère, le Saint-Père a énoncé en détail les critères qui devraient guider le choix des évêques.

Nous n’avons pas besoin de chefs d’entreprises ou d’administrateurs délégués, a-t-il averti, l’Eglise n’a besoin ni d’apologètes, ni de croisés. Les évêques doivent être des témoins humbles et courageux du Ressuscité, non pas de manière isolée, mais avec l’Eglise … des semeurs confiants de vérité, capables de prendre de la hauteur au-dessus de nos bassesses et de nos petites prétentions. Par sa vie et son ministère, l’évêque doit rendre crédible la Résurrection. Le courage de mourir, la disponibilité à offrir sa propre vie et à se consumer sont inscrits dans l’ADN de l’épiscopat. Le renoncement et le sacrifice font partie intégrante de sa mission.

24 2 / 2014

Dans l’Evangile « quand Jésus va au milieu des gens et guérit quelqu’un, il ne le laisse jamais seul. Jésus n’est pas un magicien, ni un sorcier, ni un guérisseur qui va et guérit, et puis poursuit son chemin : il fait retourner chacun à sa place, et ne laisse personne dans la rue. Ce sont de beaux gestes du Seigneur ».


C’est par ces mots que le Pape François a commenté, durant la messe de ce lundi à Sainte Marthe, l’épisode d’un garçon pris de convulsions qui se roule par terre, au milieu d’une foule bouleversée. Et son père qui s’agrippe à Jésus, en l’implorant de libérer son fils possédé par le diable.

Un drame que le Pape François analyse point par point : les jacasseries des gens présents, qui discutent sans intervenir, Jésus qui arrive et s’informe, le bruit qui diminue dès lors, le père angoissé qui émerge de la foule et décide contre toute espérance de croire en Jésus. Et Jésus, qui pris de pitié face à la foi si pure de ce père, chasse l’esprit et puis se penche avec douceur sur le jeune homme, qui semble mort, en l’aidant à se relever ». « Tout ce désordre, cette discussion, souligne le Pape, finit par un geste : Jésus qui se baisse, prend l’enfant. Ces gestes de Jésus nous font réfléchir ».

L’Evangile, rappelle François, « est parsemé de ces gestes : la résurrection de Lazare, la vie rendue à la fille de Jaïre et au fils d’une veuve. Mais aussi la brebis perdue ramenée à la bergerie ou la monnaie perdue et retrouvée par la femme ». Tout cela « parce que Jésus n’est pas seulement venu du Ciel, il est Fils d’un peuple. Jésus est la promesse faite à un peuple et son identité est aussi appartenance à ce peuple, qui depuis Abraham marche vers la promesse. Et ces gestes de Jésus nous enseignent que toute guérison, chaque pardon nous font toujours revenir à notre peuple, à notre famille, qui est l’Eglise ».

23 2 / 2014

Le Pape a une nouvelle fois demandé aux fidèles réunis place Saint-Pierre de prier pour lui et pour les nouveaux cardinaux : « il y a tant besoin de prière pour un évêque, pour un cardinal, pour un Pape, afin qu’il puisse aller de l’avant et guider le peuple de Dieu ! » s’est exclamé François. « La vocation d’un cardinal est d’être un serviteur au nom de Dieu. De bons serviteurs, pas de bons patrons ! » a-t-il précisé.

23 2 / 2014

"Le Christ est venu pour nous sauver, pour nous montrer le chemin, l’unique chemin de sortie des sables mouvants du péché, et ce chemin de sainteté c’est la miséricorde. Être saints n’est pas un luxe, c’est nécessaire pour le salut du monde. C’est ce que nous demande le Seigneur.Chers frères Cardinaux, le Seigneur Jésus et notre Mère l’Église nous demandent de témoigner avec beaucoup de zèle et d’ardeur de ces attitudes de sainteté. La sainteté d’un Cardinal consiste vraiment en ce supplément d’oblativité gratuite.
Par conséquent, aimons ceux qui nous sont hostiles ; bénissons celui qui dit du mal de nous ; saluons d’un sourire celui qui peut-être ne le mérite pas ; n’aspirons pas à nous faire valoir, mais opposons la douceur à la tyrannie ; oublions les humiliations subies. Laissons-nous toujours guider par l’Esprit du Christ, qui s’est sacrifié lui-même sur la croix, pour que nous puissions être des “canaux” par lesquels s’écoule sa charité.
C’est l’attitude, ce doit être la conduite d’un Cardinal. Le Cardinal entre dans l’Église de Rome, il n’entre pas dans une cour. Tous évitons et entraidons-nous pour éviter des habitudes et des comportements de cour : intrigues, bavardages, cercles, favoritismes, préférences. Que notre langage soit celui de l’Évangile : “oui, oui; non, non”; nos attitudes celles des Béatitudes, et notre route celle de la sainteté.”

17 2 / 2014

La patience du peuple de Dieu qui supporte avec foi les épreuves quotidiennes de la vie est ce qui fait aller de l’avant l’Église. C’est ce qu’a affirmé ce lundi matin le Pape François lors de la messe célébrée en la chapelle de la maison Sainte-Marthe au Vatican.

« Qui n’a pas de patience, veut tout, tout de suite, rapidement. Qui ne connait pas cette sagesse de la patience est une personne capricieuse comme les enfants qui sont capricieux. » « Une personne qui n’a pas de patience est une personne qui ne grandit pas, qui ne sait pas comment prendre la vie comme elle vient. Une autre tentation de ceux qui ne sont pas patients est l’omnipotence de vouloir quelque chose tout de suite, comme les pharisiens qui demandent à Jésus un signe du ciel : ils veulent un spectacle, un miracle. »

Or, a expliqué le Pape, « Dieu n’est pas un sorcier. Dieu a sa propre manière d’aller de l’avant. La vie chrétienne doit se dérouler sur cette musique de la patience, parce que c’est la musique de nos pères, du peuple de Dieu, de ceux qui ont cru la parole de Dieu, qui ont suivi le commandement que le Seigneur avait dit à notre père Abraham. »

« Combien est patient notre peuple. Quand nous allons dans les paroisses, nous trouvons ces personnes qui souffrent, qui ont des problèmes, qui ont un fils handicapé, ou qui ont une maladie et qui malgré tout vont de l’avant avec patience, sans demander des signes. »

Le Pape n’hésite pas ainsi à saluer ces personnes qui savent lire les signes et rencontrent ainsi Jésus, ces personnes qui « souffrent tant mais qui ne perdent pas le sourire de la foi. » «Ce sont ces gens qui font avancer l’Église, avec leur sainteté de tous les jours, de chaque jour, » a-t-il conclu.

14 2 / 2014

… et aussi : un chrétien n’est pas… immobile !

Comment doit-être le disciple de Jésus ? Le Pape François s’est inspiré des personnages de Cyrille et Méthode pour s’attarder sur l’identité du chrétien. Et en commentant la première lecture du jour tirée des Actes des Apôtres, il a toute de suite souligné que le chrétien est «envoyé ». Le Seigneur envoie ses disciples, leur demande d’aller de l’avant. « Et ceci, a-t-il observé, signifie que le chrétien est un disciple du seigneur qui chemine, qui va toujours de l’avant ».

« Nous ne pouvons pas penser à un chrétien qui s’arrête : un chrétien qui reste immobile est malade, dans son identité chrétienne, il y a une maladie dans cette identité. Le chrétien est un disciple qui chemine, qui va de l’avant. Mais le Seigneur nous le dit aussi, à la fin- nous l’avons entendu dans le psaume : ‘Allez dans le monde entier et proclamez l’Évangile . Allez-y. Marchez.’ Voilà : la première attitude du chrétien est de marcher, d’aller de l’avant même s’il y a des difficultés, d’outrepasser les difficultés ».

Jésus « exhorte à aller à la croisée des chemins » et à inviter « tout le monde, les bons comme les méchants ». Donc, le chrétien « marche » et « s’il y a des difficultés, il passe outre, pour annoncer que le Royaume de Dieu est proche ».

Un second aspect de l’identité du chrétien, a-t-il poursuivi, « est que le chrétien doit toujours rester un agneau ». Le chrétien, a-t-il réaffirmé, « est un agneau et doit conserver cette identité ». Le Seigneur nous envoie « comme des agneaux au milieu des loups ». 

« Comme des agneaux… et ne pas devenir des loups… Parce que, parfois, la tentation nous fait penser : « Mais c’est difficile, ces loups sont malins et moi, serai-je même plus malin qu’eux ? Un agneau. Avec la perspicacité chrétienne mais toujours agneau. Car si tu es un agneau, Il te défend. Mais si tu te sens fort comme le loup, il ne te défend pas, il te laisse tout seul et les loups te mangeront cru. Comme un agneau ».

10 2 / 2014

Le Seigneur, commente le Pape, parle à son Peuple de diverses manières : à travers les prophètes, les prêtres, l’Ecriture Sainte. Mais avec les théophanies il parle d’une autre manière, « différente de la Parole : c’est une autre présence, plus proche, sans médiation. C’est Sa présence ». « Cela, ajoute le Pape, arrive lors de la célébration liturgique. La célébration liturgique n’est pas un acte social, ce n’est pas une réunion de croyants pour prier ensemble. C’est autre chose. Dans la liturgie, Dieu est présent », mais c’est une présence plus proche. Dans la Messe en effet, « la présence du Seigneur est réelle, tout à fait réelle » :

« Quand nous célébrons la Messe, nous ne sommes pas en train d’organiser une représentation de la Dernière Cène : non ce n’est pas une représentation. C’est autre chose : c’est véritablement la Dernière Cène. On vit une fois encore vraiment la Passion et la mort rédemptrice du Seigneur. C’est une théophanie : le Seigneur est présent sur l’autel pour être offert au Père pour le salut du monde. Et nous avons parfois l’habitude de dire : ‘ Il faut que j’aille entendre la Messe ‘. Mais on ‘ne va pas entendre la Messe, on y participe ‘, on participe à ce théophanie, à ce mystère de la présence du Seigneur parmi nous ».
La crèche, le chemin de croix, sont des représentations, a alors expliqué le Pape, la Messe par contre « est une commémoration réelle, c’est-à-dire une théophanie : Dieu s’approche, il est avec nous, et nous participons au mystère de la Rédemption ». Malheureusement, a souligné le Pape, souvent nous regardons notre montre à la Messe, « nous comptons les minutes » : « ce n’est vraiment l’attitude requise par la liturgie : la liturgie est temps de Dieu et espace de Dieu, et nous devons nous mettre là dans ce temps de Dieu, dans l’espace de Dieu et non pas regarder notre montre » :

« La liturgie c’est entrer dans le mystère de Dieu, se laisser porter au mystère et être dans le mystère. Par exemple, je suis certain que tous vous venez ici pour entrer dans le mystère ; cependant quelqu’un parmi vous pense peut-être : ‘Je dois aller à la Messe à Sainte Marthe parce que durant le séjour touristique à Rome il faut aller rendre visite au Pape à Sainte Marthe . Tous les matins, c’est un endroit touristique, non ? (le Pape rit). Vous tous venez ici, mais nous nous réunissons ici pour entrer dans le mystère: c’est cela la liturgie. C’est le temple de Dieu, c’est l’espace de Dieu, c’est la nuée de Dieu qui nous enveloppe tous ».
Le Pape évoque un souvenir d’enfance, lors de la préparation à la Première Communion. Un chant indiquait que l’autel était gardé par les anges pour donner « le sens de la gloire de Dieu, de l’espace de Dieu, du temps de Dieu ». Et durant les répétitions, on disait aux enfants : ‘Vous savez, ces hosties ne sont pas celles que vous recevrez. Celles-ci ne valent rien, parce qu’il y aura après la consécration ! ». Ainsi, conclut le Pape, « célébrer la liturgie c’est avoir cette disponibilité à entrer dans le mystère de Dieu », dans son espace, dans son temps, et se confier « à ce mystère » :

« Demandons alors au Seigneur aujourd’hui de nous donner à tous ce ‘sens du sacré ‘, ce sens qui nous fait comprendre qu’une chose est de prier chez soi, prier à l’église, prier le chapelet, prier avec de belles prières, faire le Chemin de Croix, lire la Bible…une autre chose est de participer à la célébration eucharistique. Car là nous entrons dans le mystère de Dieu, sur ce chemin que nous ne pouvons contrôler. Seulement Lui l’Unique, Lui la gloire, Lui le pouvoir, Lui le tout. Demandons cette grâce : que le Seigneur nous enseigne à entrer dans le mystère de Dieu ».

19 1 / 2014

Pour le Pape François, la communauté des chrétiens ne peut pas vivre comme une citadelle assiégée, ni assumer des attitudes de fermeture. Il la conçoit au contraire comme une ville placée au sommet d’une montagne, ouverte, accueillante et solidaire. L’Eglise du Christ, disciple de l’Agneau de Dieu, a-t-il martelé, est appelée à « remplacer la malice par l’innocence, la force par l’amour, l’orgueil par la modestie, le prestige par le service ».

En ce II° dimanche du temps ordinaire, c’est donc une nouvelle leçon d’humilité et de simplicité que le Souverain Pontife a donnée à l’Eglise catholique. « C’est par l’amour que Jésus a triomphé du mal et nous a libérés de l’esclavage du péché, a-t-il rappelé, l’agneau auquel Jésus est comparé dans l’Evangile n’est pas un dominateur agressif ; c’est un animal soumis, docile et pacifique qui ne montre pas les dents ni les griffes à la moindre attaque. La masse énorme du mal est éliminée par une créature faible et fragile, symbole d’obéissance capable d’aller jusqu’au don de soi ».

Enfin, à l’occasion de la célébration ce dimanche de la journée mondiale des réfugiés et des migrants, le Pape François a tourné ses pensées vers les nombreux migrants et réfugiés dans le monde, souvent privés d’emploi et de papiers. Il a appelé les nations à les accueillir en respectant les valeurs de leurs cultures d’origine. Des communautés d’immigrés étaient présentes sur la place Saint-Pierre. Le Saint-Père les a saluées avec affection, en particulier les communautés catholiques de Rome. « Vous êtes proches du cœur de l’Eglise, leur a-t-il dit,ne perdez pas l’espoir d’un monde meilleur ».

14 1 / 2014

Le Pape François a mis en garde contre les comportements hypocrites ou légalistes qui éloignent le peuple de la foi.


Le Souverain Pontife s’est concentré, lors de son homélie, sur quatre modèles de chrétiens : Jésus, les scribes, le prêtre Eli et ses deux enfants, eux-mêmes prêtres. L’Évangile nous dit quel était « le comportement de Jésus dans sa catéchèse » ; « il enseignait comme quelqu’un qui a de l’autorité et non pas comme les scribes ». Ces derniers « enseignaient, prêchaient mais faisaient peser tant de lourdes choses sur les épaules du peuple que les pauvres gens ne pouvaient pas aller de l’avant ».

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« Demandons au Seigneur que ces deux Lectures nous aident dans nos vies de chrétiens : à tous. Chacun à sa place. À ne pas être de purs juristes, comme les scribes et les pharisiens. À ne pas être corrompus comme les enfants d’Eli. À ne pas être indolent comme Eli, mais à être comme Jésus, avec ce zèle de rechercher les gens, de guérir les gens, d’aimer les gens. »