28 7 / 2014

Le Saint-Père s’est rendu à Caserte (Italie) le 28 juillet pour une visite privée à son ami le pasteur évangélique Giovanni Traettino. Puis il a pris la parole devant les membres de la communauté de la Réconciliation, auxquels s’étaient joints d’autres pentecôtistes.

Dans son discours, il a rappelé que les chrétiens doivent se tenir en présence de Jésus et cheminer avec lui. Cheminer en étant irrépréhensible fut même le premier ordre que Dieu donna à Abraham et au peuple élu, a-t-il souligné. En revanche, « un chrétien qui n’avance pas pourrit comme l’eau dormante. Certains chrétiens, pensent que cheminer signifie bouger, n’avancent pas mais errent de ci de là… Il leur manque l’audace d’aller de l’avant… Or nous ne sommes en sûreté que lorsque nous cheminons en présence du Seigneur, qui nous éclaire et nous offre le secours de son esprit pour avancer,  justement. L’espérance leur fait défaut. »

Le Pape a parlé de la beauté de la fraternité, qui vient du cheminement en présence de Dieu : « A l’inverse, si on reste à se regarder en chiens de faïence, on s’engage dans une mauvaise voie, celle des ragots… C’est comme cela que, dès les origines, ont commencé les divisions au sein de l’Eglise. Or la division ne vient pas de l’Esprit…mais du Père de l’Envie, qui ne cesse de semer la zizanie. » Infiltré dans la communauté, le diable y cultive la jalousie et génère les divisions. « Cette tentation s’est manifestée dès le début dans les communautés chrétiennes…tandis que l’Esprit crée la diversité dans l’Eglise », et non les divisions. « Cette diversité, qui est riche et belle, est source de l’unité… Et comme l’a dit un pentecôtiste, il s’agit d’une diversité réconciliée par l’Esprit, qui distribue la diversité des charismes et en fait une harmonie ».

L’harmonie ne signifie pas uniformité. Le polyèdre a une unité malgré la diversité de ses côtés. Chacun d’eux a sa forme propre, son charisme pourrait-on dire. « Nous les chrétiens faisons de même dans l’œcuménisme, en tentant de faire de nos diversités une unité harmonisée par l’Esprit. »

18 6 / 2014

Le Pape François, face à plusieurs dizaines de milliers de fidèles, a entamé un nouveau cycle de catéchèses, cette fois sur l’Eglise. Et pour ce, le Pape s’est comparé à un « fils qui parle de sa propre mère, de sa propre famille. L’Eglise en effet, a souligné François, n’est pas une institution qui a une fin en soi, ou une association privée, ou encore une ONG, et il ne faut surtout pas la réduire au clergé et au Vatican…L’Eglise est une réalité beaucoup plus vaste, qui s’ouvre à toute l’humanité et qui n’est pas née à l’improviste, de rien. Elle est fondée par Jésus mais elle est un peuple avec une longue histoire derrière elle, et une préparation qui commence bien avant Jésus lui-même ».

Le Pape a alors fait partir cette histoire ou « préhistoire » de l’Eglise, en partant des pages de l’Ancien Testament. « Selon le Livre de la Genèse, Dieu a choisi Abraham et il lui demande de partir vers une autre terre, lui promettant une descendance nombreuse. À partir de lui, Dieu forme un peuple pour porter sa bénédiction à toutes les familles de la terre. Et c’est Dieu lui-même qui prend l’initiative, car son amour précède tout. »
Et pour le Pape, c’est là une nouveauté : « Habituellement, c’était l’homme qui s’adressait à la divinité, en cherchant de combler la distance avec elle, et en invoquant soutien et protection. Dans ce cas, par contre, on assiste à quelque chose d’inouï : c’est Dieu lui-même qui prend l’initiative et adresse la parole à l’homme, en créant un lien et une relation nouvelle avec lui. Ainsi Dieu forme un peuple avec tous ceux qui écoutent sa Parole et qui se mettent en chemin, en se confiant à Lui. L’amour de Dieu précède tout. Il précède Abraham, il précède aussi Adam. »
Mais le Pape François souligne aussitôt que même si le peuple se met en marche, « il y a cependant dès le début des résistances ». « Des replis sur soi-même et ses propres intérêts, et la tentation de marchander avec Dieu et de résoudre les choses chacun à sa façon. Il y a les trahisons et les péchés qui marquent le cheminement du peuple tout au long de l’histoire du salut, qui est l’histoire de la fidélité de Dieu et de l’infidélité de son peuple. Mais Dieu est patient, et il continue à l’éduquer comme fait un père avec son fils. Et c’est la même attitude qu’il maintient face à l’Eglise. Nous aussi, dans notre volonté de suivre Jésus, nous faisons l’expérience chaque jour de l’égoïsme et de la dureté de notre cœur. Mais si nous nous reconnaissons pécheurs, Dieu nous remplit de sa miséricorde et de son amour. Et c’est cela justement qui nous fait grandir comme peuple de Dieu, comme Eglise : ce n’est pas notre bravoure, ni nos mérites, mais l’expérience quotidienne de ce que le Seigneur nous aime et prend soin de nous. Et cela nous fait grandir dans la communion avec Lui et entre nous. »

16 6 / 2014

« Notre mère l’Eglise est un peu vieille. Ce n’est pas une grand-mère, mais on doit la rajeunir. Pas en allant voir un chirurgien esthétique, mais en lui donnant des enfants », comme Dieu en donna à Sarah, Elisabeth ou Noémie qui vieillirent sans enfant. « Nous devons être une mère et non une ONG bien organisée. Cela est nécessaire, mais pour aider la maternité de l’Eglise », a poursuivi le Pape. Il précise : l’évangélisation ce n’est pas le prosélytisme, « faire remplir des fiches d’adhésion ». François cite alors Benoît XVI : « L’Eglise ne croît pas par prosélytisme, mais par attraction maternelle ».

13 6 / 2014

Le Pape François, un révolutionnaire ?

Non, pour lui « la grande révolution c’est d’aller aux racines de les reconnaitre et de voir ce qu’elles ont à dire aujourd’hui ». Pour faire des « vrais changements, il faut savoir d’où on vient, comment on s’appelle, quelle est sa culture et sa religion », explique-t-il .

Pape ou pasteur ?

« Je ne joue pas au pape-pasteur ». « Servir les gens est ancré au plus profond en moi, comme d’éteindre la lumière pour faire des économies (…) mais dans le même temps, je me sens Pape. Je fais les choses avec sérieux ». « Mes collaborateurs sont sérieux et professionnels (…) Quand un chef d’État vient, je veux le recevoir avec la dignité et le protocole qu’il mérite ». François reconnait cependant « avoir des problèmes avec le protocole, mais « tache de le respecter ».

Pas toujours évident, notamment en voyage. Le Pape fait allusion à sa papamobile blindée des JMJ de Rio : « Comment voulez-vous que je dise aux gens que je les aime depuis une boite à sardine », s’interroge le Pape. Il y a des risques, mais il s’en remet à Dieu. En outre, ajoute-t-il, « A mon âge, je n’ai pas beaucoup à perdre ».

05 6 / 2014

L’Église « n’est pas une maison en location », mais la maison où le chrétien est appelé à « vivre » pleinement : « Si tu veux entrer dans l’Église, que ce soit par amour », déclare le pape François lors de la messe du 5 juin 2014.

Durant son homélie, le pape a dénoncé trois attitudes qui traitent l’Église comme une maison en location : « Beaucoup disent qu’ils sont dans l’Église », mais ils ont « un pied dedans » et « l’autre n’est pas encore entré ». Ils se gardent « la possibilité d’être dans les deux endroits à la fois, dedans et dehors ».

« Pour ces personnes, l’Église n’est pas leur maison, ils ne sentent pas qu’elle est à eux. Pour eux, c’est une location ». Et le pape leur rappelle que l’Église est « une mère », « une maison pour vivre » : « Si tu veux entrer dans l’Église, que ce soit par amour », pour donner « tout ton cœur ».

Ces chrétiens, ce sont d’abord « ceux qui veulent que tout le monde soit pareil dans l’Église », les tenants d’une « doctrine d’égalité ». « En martyrisant un peu la langue italienne, ce sont des ‘uniformistes’ ».

« Ils sont rigides ! Ils n’ont pas cette liberté que donne l’Esprit-Saint. Jésus n’a jamais voulu que son Église soit si rigide. Ils se disent chrétiens, ils se disent catholiques, mais leur comportement rigide les éloigne de l’Église. »

Le deuxième groupe, ce sont ceux qui s’accrochent à leur idée, « qui ne veulent pas de celle de l’Église, ils ont une alternative ». Ce sont les « alternativistes » : « J’entre dans l’Église, mais avec cette idée, avec cette idéologie. »

« Leur appartenance à l’Église est partielle. L’Église n’est pas leur maison, elle n’est pas à eux. Ils ‘louent’ l’Église, jusqu’à un certain point : “Oui… nous sommes catholiques, mais avec ces idées-ci”. Ils ne partagent pas cette façon de sentir propre à l’Église. »

Et le troisième groupe est celui des « avantagistes » ou « affairistes », ceux qui « cherchent des avantages : ils vont à l’Église mais par intérêt personnel, et ils finissent par faire des affaires dans l’Église », ils « profitent de l’Église en vue de leurs propres intérêts ».

« Nous en avons vu, dans les communautés paroissiales ou diocésaines, dans les congrégations religieuses, certains bienfaiteurs de l’Église, qui se pavanaient parce qu’ils étaient des bienfaiteurs et, à la fin, derrière la table, ils faisaient leurs affaires. Et ceux-là non plus ne sentent pas l’Église comme une mère, la leur. »

Dans l’Évangile du jour, Jésus demande à son Père que ses disciples soient « un » (Jn 17,20-26) : dans l’Église « il y a de nombreux charismes, il y a une grande diversité de personnes et de dons de l’Esprit » et « c’est seulement l’Esprit-Saint » qui fait « l’harmonie, l’unité dans la diversité, dans la liberté, dans la générosité ».

Les chrétiens sont appelés « à être dociles à l’Esprit-Saint » car la docilité est « la vertu qui sauve de la rigidité, d’être “alternativistes”, d’être “avantagistes”, ou affairistes dans l’Église. C’est cette docilité qui transforme l’Église, qui, d’une maison en location, en fait notre propre maison. »

04 6 / 2014

« La piété c’est tout autre chose que de la bigoterie, que de faire semblant d’être un saint. La piété est un don de l’Esprit Saint qui nous fait grandir et nous fait vivre comme des enfants de Dieu, et nous aide à offrir cet amour aux autres et à les reconnaître comme des frères. » C’est ce qu’a expliqué le Pape François lors de l’audience générale de ce mercredi matin, qui rassemblait Place Saint-Pierre pas moins de 50 000 personnes sous un beau soleil de printemps. La catéchèse, depuis plusieurs semaines, étant consacrée aux dons de l’Esprit Saint
« Le don de la piété qui vient de l’Esprit Saint nous rend doux, patients, en paix avec Dieu dans la douceur avec les autres, capables de se réjouir avec celui qui est dans la joie, de pleurer avec celui qui pleure, de consoler celui qui est dans l’affliction et de corriger celui qui est dans l’erreur ».
« Attention, a averti le Pape, à ne pas confondre la piété avec la bigoterie : parce que certains pensent qu’être pieux, c’est fermer les yeux et faire une tête de sainte-nitouche »
« Le don de la piété, a encore déclaré le Pape, indique notre appartenance à Dieu et le lien qui nous maintient en communion profonde avec lui, même dans les moments difficiles. C’est une relation d’amitié avec Dieu, vécue par le cœur, qui nous remplit d’enthousiasme et de joie. Aussi, la piété suscite-t-elle en nous la gratitude et la louange. Voilà le motif et le sens le plus authentique de notre culte et de notre adoration. En même temps, le don de piété nous aide à reverser cet amour sur les autres et à les reconnaître comme des frères. Nous devenons capables de nous réjouir avec celui qui est dans la joie, de pleurer avec celui qui pleure, d’être proche de celui qui est seul, d’accueillir celui qui est dans le besoin. »

26 5 / 2014

Je vous suis reconnaissant, Monsieur le Président, pour l’accueil qui m’a été réservé et pour vos aimables et sages paroles de salutation, et je suis heureux de pouvoir vous rencontrer à nouveau ici à Jérusalem, ville qui abrite les Lieux Saints chers aux trois grandes religions qui adorent le Dieu qui a appelé Abraham.

Les Lieux Saints ne sont pas des musées ou monuments pour touristes, mais des lieux où les communautés des croyants vivent leur foi, leur culture, leurs initiatives caritatives. Aussi doit-on perpétuellement les sauvegarder dans leur sacralité, protégeant ainsi non seulement l’héritage du passé mais aussi les personnes qui les fréquentent aujourd’hui et les fréquenteront dans l’avenir.

Que Jérusalem soit vraiment la Ville de la paix ! Que resplendissent pleinement son identité et son caractère sacré, sa valeur religieuse et culturelle universelle, comme trésor pour toute l’humanité ! Comme c’est beau quand les pèlerins et les résidents peuvent accéder librement aux Lieux Saints et participer aux célébrations !

Paix sur Israël et dans tout le Moyen Orient ! Shalom !

15 5 / 2014

Un titre à peine exagéré par rapport à ce qu’a déclaré le Pape…

Jésus n’est pas un héros solitaire venu du ciel pour nous sauver, mais il est le point central et le but ultime de l’histoire que Dieu a commencée avec son peuple. C’est pourquoi le chrétien doit toujours être un homme eucharistique qui marche entre mémoire et espérance; jamais une monade solitaire. En effet, si on ne marche pas avec le peuple, si on n’appartient pas à l’Eglise, la foi est seulement quelque chose d’artificiel, de laboratoire. C’est ce qu’a dit le Pape François lors de la Messe célébrée le jeudi 15 mai dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe.

«Il est curieux — a fait remarquer le Pape — que quand les apôtres annoncent Jésus Christ, ils ne commencent jamais par Lui», par sa personne, «en disant: Jésus Christ est le sauveur!». Non, les apôtres commencent en revanche leur témoignage en partant toujours «de l’histoire du peuple». Et nous le voyons aujourd’hui, a-t-il fait remarquer, dans le passages des Actes des apôtres (13, 13-25) qui raconte, précisément, le témoignage de saint Paul à Antioche de Pisidie. ».

Ainsi, quand on demande aux apôtres «pourquoi croyez-vous en cet homme?», voilà qu’ils commencent à parler d’«Abraham et de toute l’histoire du peuple». La raison de cette attitude est claire: «Jésus ne se comprend pas sans cette histoire, Jésus est précisément le but de cette histoire vers lequel cette histoire va, marche».

Voilà pourquoi, a encore affirmé le Pape, «on ne peut pas comprendre Jésus Christ sans cette histoire de préparation vers Lui». Et, en conséquence, «on ne peut pas comprendre un chrétien en dehors du peuple de Dieu». Car «le chrétien n’est pas un nomade, là tout seul. Non, il appartient au peuple, à l’Eglise». A tel point que «un chrétien sans Eglise est une chose purement idéale, n’est pas réel!».

Nous nous trouvons, a-t-il poursuivi, face à la «promesse de Dieu»: je ferai de toi un grand peuple! Ainsi «ce peuple marche avec une promesse». Et là, entre en jeu la dimension de la mémoire: «Il est important que nous, dans notre vie, nous ayons à l’Esprit la dimension de la mémoire» a souligné le Pape. En effet, a-t-il ajouté «un chrétien est un “souveneur” de l’histoire de son peuple; il est “souveneur” du chemin que le peuple a accompli; il est “souveneur” de son Eglise». Un chrétien est donc un homme qui a «la mémoire» du passé.

Dans ce contexte, a précisé l’Evêque de Rome «on ne peut pas comprendre un chrétien seul». Comme, du reste, «on ne peut pas comprendre Jésus Christ seul». En effet, «Jésus Christ n’est pas tombé du ciel comme un héros qui vient nous sauver. Non, Jésus Christ a une histoire!». Et «nous pouvons dire — et cela est vrai — que Dieu a une histoire parce qu’il a voulu marcher avec nous». Voilà alors pourquoi «on ne peut pas comprendre Jésus sans histoire». Et voilà aussi pourquoi «un chrétien sans histoire, un chrétien sans peuple, un chrétien sans Eglise ne peut pas se comprendre: c’est quelque chose de laboratoire, quelque chose d’artificiel, quelque chose qui ne peut pas avoir de vie».

A et égard il est important a encore dit le Pape, d’«avoir l’habitude de demander la grâce de la mémoire du chemin qu’a fait le peuple de Dieu». Egalement la grâce de la «mémoire personnelle: qu’a fait Dieu dans ma vie, comment m’a-t-il fait marcher?». Et, a-t-il poursuivi, il faut aussi savoir «demander la grâce de l’espérance qui n’est pas de l’optimisme: c’est une autre chose». Et, enfin, «demander la grâce de renouveler tous les jours l’alliance avec le Seigneur qui nous a appelés». Que le Seigneur, a conclu le Pape, «nous donne ces trois grâces qui sont nécessaires à l’identité chrétienne».

11 5 / 2014

Le Seigneur est le vrai Bon Pasteur, qui nous guide, nous accompagne, chemine avec nous, a insisté le Pape, qui a lancé un appel aux fidèles : « Vous aussi, je vous lance un appel, je vous demande de nous aider à être de bons pasteurs.»

Le Pape s’est appuyé sur l’image étonnante formulée par un Père de l’Eglise des Ve et VIe siècles, Saint Césaire d’Arles, qui ne jugeait pas inconvenant d’assimiler les prêtres… à des vaches! « Une fois j’ai lu une chose très belle sur la façon dont le peuple de Dieu aide les évêques et les pasteurs à être de bons pasteurs, a improvisé François. C’est un écrit de Saint Césaire d’Arles, un père des premiers siècles de l’Eglise. Il expliquait que quand un veau a faim, il va à la mamelle de la mère, pour prendre le lait mais il n’y arrive pas tout de suite, alors il stimule la mamelle avec son museau, pour que le lait vienne. C’est une belle image! »

Le Pape a donc demandé aux fidèles de « déranger les pasteurs, tous les pasteurs, pour que nous vous donnions le lait de la grâce, de la doctrine, à l’image de ce veau qui dérange sa maman pour qu’elle lui donne à manger ! »

06 5 / 2014

Dans son homélie, le Pape François a reparcouru le chemin qui a porté à la mort d’Etienne, premier martyr de l’Église.

Jésus avait dit aux siens qu’ils devaient se réjouir d’être persécutés à cause de son nom : « Être persécuté, être martyr, donner sa vie pour Jésus est une des Béatitudes »« Martyr c’est la traduction du mot grec qui signifie également témoignage. Et ainsi, nous pouvons dire que pour un chrétien, le chemin se parcourt sur les traces de ce témoignage, sur les traces de Jésus afin d’en donner un témoignage et souvent, ce témoignage finit en donnant sa vie. On ne peut pas comprendre un chrétien sans qu’il soit témoin, sans qu’il donne un témoignage. Nous ne sommes pas une ’ religion ’ d’idée, de pure théologie, de belles choses, de commandements. Non, nous sommes un peuple qui suit Jésus Christ et qui donne un témoignage- un témoignage de Jésus Christ- et ce témoignage arrive parfois à donner la vie ».
Le sang des martyrs est la semence des chrétiens
Une fois Etienne tué, on peut lire dans les Actes des Apôtres « qu’une violente persécution contre l’Église de Jérusalem éclata ». Ces personnes, a observé le Pape, « se sentaient fortes et le démon leurs suscitait de faire cela ». Ainsi, « les chrétiens se dispersèrent en Judée, en Samarie. La persécution, a ajouté le Pape, a fait en sorte que « ces gens s’en aillent loin » et là où ils arrivaient, ils expliquaient l’Évangile, ils donnaient un témoignage de Jésus et ainsi «commença la mission de l’Église ». « Beaucoup- a-t-il répété- se convertissaient, en écoutant ces gens ». Un des Pères de l’Église, a-t-il ajouté, expliquait cela en disant : « Le sang des martyrs est la semence des chrétiens ». Avec « leur témoignage, ils prêchent la foi » :
« Le témoignage, aussi bien dans la vie quotidienne, lors de certaines difficultés, dans la persécution que dans la mort, est toujours fécond. L’Église est féconde et mère lorsqu’elle donne le témoignage de Jésus Christ. Au contraire, lorsque l’Église se renferme sur elle-même, elle se croit- nous l’appelons ainsi- une ‘université de la religion ‘, avec tant de belles idées, tant de beaux édifices, tant de beaux musées, avec tant de belles choses mais elle ne donne pas de témoignage, elle devient stérile. Pour le chrétien, c’est la même chose. Le chrétien qui ne donne pas de témoignage reste stérile, sans donner la vie qu’il a reçue de Jésus Christ. »
Pas de témoignage sans l’Esprit Saint
Etienne, a-t-il poursuivi, « était rempli de l’Esprit Saint ». Et il a compris que « nous ne pouvons pas donner de témoignage sans la présence de l’Esprit Saint en nous ». Dans les moments difficiles, où nous devons choisir la bonne voie, où nous devons dire « non » à tant de choses qui tentent peut-être de nous séduire- a encouragé le Pape François-« il y a la prière à l’Esprit Saint. C’est lui qui nous rend fort afin de parcourir cette voie du témoignage » :
« Et aujourd’hui, pensant à ces deux images- Etienne, qui meurt et les gens, les chrétiens qui fuient, en se dispersant partout à cause de la persécution violente- demandons-nous : Comment est mon témoignage ? Suis-je un chrétien témoin de Jésus ou suis-je un simple numéro dans cette secte ? Suis-je fécond parce que je donne un témoignage ou je reste stérile parce que je ne suis pas capable de laisser l’Esprit Saint me porter en avant dans ma vocation chrétienne ? »

05 5 / 2014

Les chrétiens ne sont pas… des arrivistes !
E nella Chiesa ci sono arrampicatori! Ci sono tanti, che usano la Chiesa per … Ma se ti piace, vai a Nord e fai l’alpinismo: è più sano! Ma non venire in Chiesa ad arrampicarti! E Gesù rimprovera questi arrampicatori che cercano il potere.
Dans l’Église, il y a des arrivistes, des grimpeurs ! Il y a ceux qui utilisent l’Eglise pour s’élever… Mais si vous aimez ça, allez au nord et faites de l’alpinisme, c’est plus sain ! Mais ne venez pas à l’église pour vous élever ! Jésus ne veut pas de grimpeurs qui recherchent le pouvoir.
Le pape François a dénoncé aujourd’hui avec virulence les “arrivistes” et profiteurs qui se servent des institutions de l’Eglise pour s’enrichir, au moment où sobriété et dépouillement sont les nouvelles consignes au Vatican.

Dans son prêche quotidien à la chapelle de la résidence Sainte-Marthe au Vatican, le pape argentin a tenu des propos très durs, au moment où un nouveau conseil de l’Economie a été formé pour veiller à la fin des malversations et opacités dans la gestion du Vatican. La banque du Vatican, l’IOR, est elle-même en pleine refonte, ses comptes épluchés un à un. 

Choisissant le mot “arrampicatore” (“grimpeur”) qui en italien veut aussi dire arriviste, le pape a lancé: “si tu as envie de grimper, va plus au nord et fais de l’alpinisme: c’est plus sain!”. Il y a ceux “qui suivent Jésus pour l’argent, avec l’argent, cherchant à profiter économiquement de la paroisse, du diocèse, de la communauté chrétienne, de l’hôpital, du collège”, s’est-il indigné.

"Cette tentation a existé depuis le début, et nous avons connu tant de bons catholiques, de bons chrétiens, des amis, des bienfaiteurs, de l’Eglise, avec des titres honorifiques variés…. Et puis on a découvert qu’ils avaient fait des affaires un peu obscures. C’était de vrais affairistes. Ils se présentaient comme bienfaiteurs de l’Eglise mais en tiraient tant d’argent et pas toujours de l’argent propre". Le pape a pris à son élection le nom de François d’Assise et a déclaré vouloir rendre l’Eglise plus "pauvre pour les pauvres".

25 4 / 2014

Je sais, le Pape l’a déjà dit… sauf que cette fois, c’est une homélie de Jean-Paul II, à Ars, en 1986 !

Ce que nous avons à réaliser, ce n’est donc pas notre œuvre, c’est le dessein du Père, c’est l’œuvre de salut du Fils. L’Esprit Saint se sert de notre esprit, de notre bouche, de nos mains. Il nous revient notamment de proclamer sans cesse la Parole, pour évangéliser; de la traduire de manière à toucher les cœurs, sans l’altérer ni l’amoindrir; et de refaire le geste d’offrande de Jésus à la Cène, ses gestes de pardon envers les pécheurs.

Ce n’est pas seulement une charge que nous avons reçue, une fonction qualifiée à accomplir au service du peuple de Dieu. Les gens peuvent parler du sacerdoce comme d’un métier, d’une fonction, y compris la fonction de présidence du rassemblement eucharistique. Mais nous n’en sommes pas réduits à être des fonctionnaires.

D’abord parce que c’est dans notre âme même que, par l’ordination, nous sommes marqués d’un caractère spécial qui nous configure au Christ Prêtre pour nous rendre capables d’agir au nom du Christ-Tête en personne. Certes, nous sommes pris d’entre les hommes et nous demeurons proches d’eux, “chrétiens avec eux” disait saint Augustin. Mais nous sommes “mis à part”, totalement consacrés à l’œuvre du salut; “la fonction du prêtre, en tant qu’elle est unie à l’ordre épiscopal, participe à l’autorité par laquelle le Christ lui-même construit, sanctifie et gouverne son Corps” (Presbyterorum Ordinis, 2-3).

13 4 / 2014

Cette semaine commence par la procession festive avec les rameaux d’olivier : tout le peuple accueille Jésus. Les enfants, les jeunes gens chantent, louent Jésus. Mais cette semaine avance dans le mystère de la mort de Jésus et de sa résurrection.

Nous avons écouté la Passion du Seigneur. Il sera bon de nous poser seulement une question : qui suis-je ? Qui suis-je, devant mon Seigneur ? Qui suis-je, devant Jésus qui entre en fête à Jérusalem ? Suis-je capable d’exprimer ma joie, de le louer ? Ou est-ce que je prends de la distance ? Qui suis-je, devant Jésus qui souffre ?

Nous avons entendu beaucoup de noms, beaucoup de noms. Le groupe des dirigeants, quelques prêtres, quelques pharisiens, quelques maîtres de la loi, qui avaient décidé de le tuer. Ils attendaient l’opportunité de le prendre. Suis-je comme l’un d’eux ?

Nous avons entendu aussi un autre nom : Judas. Trente pièces de monnaie. Suis-je comme Judas ? Nous avons entendu d’autres noms : les disciples qui ne comprenaient rien, qui s’endormaient alors que le Seigneur souffrait. Ma vie est-elle endormie ? Ou suis-je comme les disciples, qui ne comprenaient pas ce qu’était trahir Jésus ? Comme cet autre disciple qui voulait tout résoudre par l’épée : suis-je comme eux ? Suis-je comme Judas, qui fait semblant d’aimer et embrasse le Maître pour le livrer, pour le trahir. Suis-je un traître ? Suis-je comme ces dirigeants qui en hâte font un tribunal et cherchent de faux témoins : suis-je comme eux ? Et quand je fais ces choses, si je les fais, est-ce que je crois que par là je sauve le peuple ?

Suis-je comme Pilate ? Est-ce que quand je vois que la situation est difficile, je me lave les mains et je ne sais pas assumer ma responsabilité et je laisse condamner – ou je condamne – les personnes ?

Suis-je comme cette foule qui ne savait pas bien si elle était dans une réunion religieuse, dans un jugement ou dans un cirque, et choisit Barrabas ? Pour eux c’est la même chose : c’était plus divertissant, pour humilier Jésus.

Suis-je comme les soldats qui frappent le Seigneur, lui enlèvent ses vêtements, l’insultent, se divertissent par l’humiliation du Seigneur ?

Suis-je comme le Cyrénéen qui revenait du travail, fatigué, mais qui a eu la bonne volonté d’aider le Seigneur à porter la croix ?

Suis-je comme ceux qui passaient devant la croix et se moquaient de Jésus : « Il était si courageux ! Qu’il descende de la croix et nous croirons en lui ! » Se moquer de Jésus…

Suis-je comme ces femmes courageuses, et comme la Maman de Jésus, qui étaient là et souffraient en silence ?

Suis-je comme Joseph, le disciple caché, qui porte le corps de Jésus avec amour, pour lui donner une sépulture ?

Suis-je comme les deux Marie qui demeurent devant le sépulcre pleurant, priant ?

Suis-je comme ces chefs qui le lendemain sont allés chez Pilate pour dire : « Regarde ce que celui-ci disait, qu’il ressusciterait. Qu’il n’y ait pas une autre tromperie ! », et ils bloquent la vie, ils bloquent le sépulcre pour défendre la doctrine, pour que la vie ne sorte pas ?

Où est mon cœur ? A laquelle de ces personnes je ressemble ? Que cette question nous accompagne durant toute la semaine.

08 4 / 2014

… ni un programme de vie pour être polis ou pour faire la paix.

et la Croix n’est pas un ornement pour nos églises !

En se référant au passage du Livre des Nombres (21, 4-9), le Saint-Père a souligné que « le Seigneur dans le désert commande à Moïse de faire un serpent et de le mettre sur un bâton puis “quiconque sera mordu le regardera, et il restera en vie”».

Mais qu’est-ce que le serpent ? « Le serpent est le signe du péché. Pensons au livre de la Genèse : c’est le serpent qui a séduit Eve, qui lui a proposé le péché ». Et Dieu commande de brandir le serpent, c’est-à-dire le péché, comme un étendard de victoire. C’est quelque chose, a admis le Saint-Père, qui « ne se comprend pas bien si l’on ne perçoit pas ce que Jésus nous dit dans l’Evangile. Jésus dit aux juifs: “Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que Je Suis et que je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que le Père m’a enseigné,”». Et donc le fait d’avoir élevé le symbole de leur péché et l’avoir ensuite transformé en instrument de salut représente précisément la rédemption qui vient du Christ élevé sur la croix.

«Le christianisme n’est pas une doctrine philosophique, ce n’est pas un programme de vie pour être polis, pour faire la paix. Cela en sont les conséquences. Le christianisme est une personne, une personne élevée sur une croix ».

Comme l’a fait saint Paul, nous aussi nous pouvons parler de ce dont nous nous glorifions. Mais, a spécifié le Pape François, nous ne pouvons nous glorifier « pour notre part que de nos péchés. Nous n’avons rien d’autre dont nous glorifier : cela est notre misère ». Pourtant, « grâce à la miséricorde de Dieu, nous nous glorifions en Christ crucifié. Et c’est pourquoi il n’existe pas de christianisme sans croix, et il n’existe pas de croix sans Jésus Christ ».

« Où est ton péché ? » a demandé à ce moment-là le Saint-Père. « Ton péché – a-t-il répondu – est là, dans la croix. Va le chercher là dans les plaies du Seigneur, et ton péché sera guéri, tes plaies seront guéries, ton péché sera pardonné. Le pardon que nous donne Dieu n’est pas d’effacer un compte que nous avons avec lui. Le pardon que nous donne Dieu ce sont les plaies de son fils, élevé sur la croix ». Et son souhait final a été que le Seigneur « nous attire vers lui et que nous nous laissions guérir ».

01 4 / 2014

« Dans la liturgie d’aujourd’hui — a expliqué le Pape en commentant les lectures — l’eau est le symbole : cette eau qui guérit, cette eau qui apporte la santé. »

La « maladie » est celle qui afflige l’homme paralytique et qui désormais « était comme résigné » et se disait peut-être « à lui-même “la vie est injuste, les autres ont plus de chance que moi !” ». Dans sa manière de parler « il y a un adagio lamentoso: il est résigné mais aussi amer». Une attitude, a remarqué le Pape, qui fait également penser aux «nombreux catholiques sans enthousiasme et amers » qui se répètent «à eux-mêmes “je vais à la Messe tous les dimanches, mais il ne vaut mieux pas s’en mêler ! J’ai la foi pour mon salut, mais je ne sens pas le besoin de la donner à un autre : chacun chez soi, tranquillement” », aussi parce que si « tu fais quelque chose dans la vie, ensuite on te le reproche: il vaut mieux ne pas prendre de risque ! ».

C’est précisément « la maladie de la paresse des chrétiens », une « attitude qui est paralysante pour le zèle apostolique » et « qui fait des chrétiens des personnes immobiles, tranquilles, mais pas dans le bon sens du terme : des personnes qui ne se soucient pas de sortir pour apporter l’annonce de l’Evangile. Des personnes anesthésiées ». C’est le profil de « chrétiens qui sont au fond tristes », qui aiment savourer la tristesse au point de devenir « des personnes non lumineuses et négatives ». Et cela, le Pape a-t-il mis en garde, « est une maladie pour nous chrétiens ». Les chrétiens « sans zèle apostolique ne servent pas et ne font pas de bien à l’Eglise ». Malheureusement, a dit le Pape, aujourd’hui il y a tant de « chrétiens égoïstes » qui commettent « le péché de la paresse contre le zèle apostolique, contre l’envie d’apporter la nouveauté de Jésus aux autres; cette nouveauté qui m’a été donnée gratuitement ». 

L’autre péché indiqué aujourd’hui par le Pape est «le formalisme» des juifs. Ils étaient « intéressés uniquement par les formalités: c’était samedi et on ne peut pas faire de miracles le samedi! La grâce de Dieu ne peut pas travailler le samedi ! ». C’est la même attitude que celle des « chrétiens hypocrites qui ne laissent pas place à la grâce de Dieu ». Si bien que pour « ces personnes la vie chrétienne signifie avoir tous les documents en règle, tous les certificats ! ». Mais en faisant ainsi « ils ferment la porte à la grâce de Dieu ». Et, il a ajouté, « ils sont si nombreux dans l’Eglise ! ».

Voilà donc les deux péchés.

« Ce sont des tentations que nous éprouvons nous aussi et que nous devons connaître pour nous défendre ». Et « devant ces deux tentations » dans cet « hôpital de campagne, symbole de l’Eglise d’aujourd’hui, avec tant de personnes blessées », Jésus ne cède assurément pas à la paresse ni au formalisme. Mais « il s’approche de cet homme et lui dit: “tu veux guérir ?” ». A l’homme qui répond seulement oui, « il donne la grâce et s’en va ». Ensuite, raconte l’Evangile, lorsque peu après il rencontre à nouveau cet homme dans le temple, il lui adresse encore la parole pour lui dire « “voilà, tu es guéri, ne pèche plus !” ». Ce sont, a affirmé le Pape, « les deux paroles chrétiennes : “tu veux guérir ?” — “Ne pèche plus !” ».